Peau rouge et peau noire, la pièce manquante du mythe

Conférence de Françoise Perriot le 28/3/19 au 150 cours Gambetta 69007 Lyon

Françoise Perriot vit actuellement dans la Drôme après avoir séjourné au Montana et avoir vécu 8 ans en Afrique sub-saharienne. Elle a écrit une dizaine d’ouvrages sur les Indiens d’Amérique du Nord.
Elle a centré son propos sur un sujet peu abordé, les Indiens noirs (ou noirs indiens).
Françoise Perriot met en évidence le rôle important des noirs libres et des esclaves noirs aux Etats Unis dès la découverte de l’Amérique et la conquête de l’Ouest en nous parlant de personnalités noires marquantes.

York né en 1770 dans le comté de Caroline et mort en 1832, est un esclave afro-américain connu pour sa participation à l’expédition Lewis et Clark. Esclave de William Clark, il y a participé sans solde malgré son statut de membre à part entière du groupe. L’expédition dure deux ans, York prépare les convois commerciaux et assure les relations avec les indiens. Le noir étant symbole de pouvoir pour les indiens, il y acquiert une grande importance.
Pour la découverte de l’Amérique les noirs étaient aussi présents.
Pedro Alonso Niño (1468-1505) d’origine africaine, était pilote de Christophe Colomb.
Juan Garrido (1503-1540) était un conquistador Espagnol, d’origine congolaise représenté dans une fresque de Diego Rivera.
Au 18e siècle il existe de nombreux chefs indiens métis, issus d’esclaves noirs de culture espagnole.
Les indiens avant l’arrivée d’esclaves noirs avaient leurs propres esclaves, souvent prisonniers de guerres. Lors de l’arrivée des blancs, l’équilibre est rompu et les indiens font des razzias entre tribus pour vendre des esclaves indiens aux colons.
La main d’œuvre pour les colons est composée de serviteurs noirs sous contrats, d’esclaves noirs et indiens et de blancs pauvres.
En 1730 la traite indienne est arrêtée.

Les cinq tribus civilisées

Les Cinq tribus civilisées est le terme qui désigne cinq nations d’Amérindiens aux États-Unis, considérées comme « civilisées » par la société blanche pour avoir adopté beaucoup de coutumes occidentales (dont la possession de plantations, de maisons à l’européenne et d’esclaves noirs) et pour avoir de bonnes relations avec leurs voisins. Ces cinq nations sont les Cherokees, les Chicachas, les Chactas, les Creeks et les Séminoles.

Removal Act

L’Indian Removal Act (en français : « loi sur le déplacement des Indiens » ou « loi sur la déportation des Indiens ») est une loi des États-Unis, proposée par le président Andrew Jackson, votée par le Congrès les 24 avril et 26 mai 1830, qui ordonne la déportation des Amérindiens vivant dans les territoires situés entre les treize États fondateurs et le Mississippi vers un territoire situé au-delà de ce fleuve. Elle concernait 60 000 personnes.
Silla Jefferson (1835-1913) est une autre personnalité noire-indienne marquante, il est Creek, allié à l’Union(nordistes) lors de la guerre de sécession, informateur des anthropologues.
Après la guerre de sécession par le 13e amendement les noirs deviennent américains, le 14e amendement met fin à l’esclavage, mais les indiens ne sont toujours pas citoyens américains. Les noirs sont libérés alors que les indiens sont confinés dans les réserves.
Johnson vers 1864 est le premier avocat noir, petit-fils d’esclave, il défend les indiens.Autre phénomène :entre 1865-1920, création de villes noires sur les territoires indiens.
1924 les indiens deviennent enfin citoyens américains.

Loi de démembrement indien

Le Dawes Act, également connu sous le nom de General Allotment Act, est un Act of Congress du 8 février 1887, réglementant aux États-Unis la distribution des terres aux Amérindiens, dans le Territoire indien qui deviendra l’Oklahoma. Elle reste en application jusqu’en 1934.
L’achat des terres indiennes par le gouvernement des EU implique une rétribution en fonction du pourcentage de sang indien des propriétaires. Ce pourcentage avait peu de sens quand il n’y avait pas d’enjeu économique. Beaucoup de noirs se déclaraient « indiens » sans avoir une goutte de sang indien. Mais la division des terres donne de l’importance à l’appartenance indienne.
Encore aujourd’hui, il peut y avoir des avantages (université, santé gratuites) à être considéré comme indien.
Actuellement il y a environ deux millions 300 000 amérindiens, 73% vivent hors des réserves.
La présence d’indiens noirs a été longtemps occultée, notamment dans les westerns !

Cette conférence illustrée nous a permis de réviser nos connaissances tant sur les indiens que sur l’esclavage et la présence africaine hors du continent.

Son dernier ouvrage est « les Indiens et la Nature » Ed du Rocher.

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