ETRE COMEDIEN EN AFRIQUE

Tourné au cours du FESPACO en 2003, (le grand festival du film africain qui a lieu tous les deux ans à Ouagadougou, la Caravane du film africain de Sainte-Foy ayant lieu l’autre année), le film de JP Lebesson a apporté aux nombreux adhérents de l’ACAP présents à cette soirée du 10 octobre une analyse encore d’actualité des joies et misères du statut de comédien en Afrique. Joies de la découverte du métier (« face à la caméra, tu n’es plus le même » dit Omar Ouédraogo) et du rôle social qu’il peut jouer (« je suis la voix des sans voix » dit un jeune comédien). Misères de la recherche d’emploi, de la rémunération aléatoire et du manque de formation continue.

Les témoignages recueillis mettent bien en évidence la nécessité d’une organisation de la profession et le souci de ne pas « blanchiser » un métier forcément marqué par les modèles étrangers importés par le cinéma et la télévision. Les comédiennes interrogées, notamment, ont exprimé avec une grande sincérité leur enthousiasme et en même temps les difficultés spécifiques des femmes, renvoyées à leur rôle domestique et à la mauvaise réputation traditionnelle de ce métier (nous l’avons connue aussi en Europe du temps de Molière !)

La situation du cinéma africain, qui a fait l’objet d’un débat après la projection, révèle des potentialités énormes et quelques succès internationaux. Mais les difficultés de financement et la régression de sa diffusion en salles obèrent l’avenir. Heureusement, la vocation ressentie par des africains de talent, comme ceux témoignant dans le film de JP Lebesson peut permettre d’espérer un renouveau.

A noter : la Caravane des cinémas d’Afrique aura lieu à partir du 5 au 14 juin 2020 à Ste Foy ainsi que dans plusieurs salles de la région lyonnaise

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *